Rambo # Mon interprétation des points importants du film

Récemment, je vous ai livré mon approche personnelle quant à cette œuvre que je qualifie de culte dans le cinéma américain des années 80. Je serais même tenté de dire que First Blood (Rambo pour la version française) a marqué toute une génération de par son côté dramatique et sa critique avouée envers un gouvernement changé et en total opposition avec les actes qui ont été menés avant lui.

First Blood s’imbrique totalement entre deux mouvements idéologiques et deux approches culturelles. La guerre du Vietnam a laissé de nombreuses séquelles dans la mémoire collective, mais elle aura avant tout affecté les jeunes combattants partis en héros sous le règne de Kennedy, revenus en bourreaux sous le gouvernement de Reagan. Après avoir enfin vaincu la ségrégation raciale depuis peu, ce retour et cette défaite surviennent pendant l’élan hippie et anti-américain des années 70. La position des États-Unis au Vietnam étant très largement critiquée par sa population demeurée au pays et, qui plus est, la victoire étant devenue plus qu’utopique, c’est tout un peuple qui a tourné le dos à son armée et plus encore, tout une administration qui a abandonné ses combattants.

Si David Morrell, auteur de la nouvelle à l’origine du film, a décidé de narrer l’histoire de John Rambo, c’est avant tout parce qu’étant un ancien professeur, il a vu certains de ses élèves partir pour la guerre et revenir meurtris, incapables de se réinsérer dans la société et impossible pour cette dernière d’accepter leur retour. Au travers de John Rambo, c’est le symbole entier d’une armée d’élite qui a été bafouée, reniée par ses pères. Frustrée par une défaite criante et honteuse sur un territoire qu’elle ne maitrisait pas, l’administration a préféré ignorer la souffrance de ses soldats profondément marqués par les atrocités de la guerre. Plus que cela, John Rambo n’est pas qu’un simple soldat, c’est un militaire d’élite, très largement décoré par ses faits d’armes, ayant obtenu la plus grande distinction militaire américaine qui soit : La Médaille d’Honneur du Congrès.

Cette distinction est suffixée à tort des termes « du Congrès », alors que son nom original est Médaille d’Honneur (Medal of Honor, ça vous rappelle tout de suite quelque chose là), étant donné qu’elle se voit attribuer par le président des États-Unis au nom du Congrès. Son obtention survient pour des faits héroïques qui, s’ils n’avaient pas été réalisés par le soldat, n’auraient pu lui être reprochés. En d’autres termes, on récompense la bravoure et le courage d’un membre de l’armée américaine qui a mis sa vie en péril pour l’avancement et la réussite d’une (ou plusieurs) opération(s) au profit de l’intérêt général.

Cela vient donc augmenter le statut de héros de Rambo, qui, au-delà de toutes décorations qu’il a pu obtenir, est également un béret-vert (Special Forces – forces spéciales de l’US Army). Arme à part entière dans le corps armé des États-Unis, ces derniers représentent la crème des soldats qui sont, en général, dépêchés pour les interventions les plus compliquées (contre-terrorisme, actions commando, missions de reconnaissance,…). Il est important de souligner ce point car il permettra de juxtaposer le rôle des personnages par rapport à ce qu’ils ont accompli par le passé ou bien ce qu’ils représentent actuellement.

De l’espoir à la rage, il n’y avait qu’un shérif entre deux

L’espoir, il en sera bien question dans First Blood, mais chaque fois que l’on pourra en apercevoir la réalisation, il se passera toujours quelque chose qui viendra meurtrir toujours un peu plus Rambo. La première fois que l’on peut en ressentir l’effet, c’est tout simplement à l’ouverture du film. Rambo, descendant un chemin, seul, ayant presque le sourire de retrouver la maison de son ancien camarade. Sourire qui s’effacera vite quand il apprendra le décès de Delmar Berry du cancer, à cause de la guerre. Comprenant qu’il est, à tout jamais, le seul survivant de son unité, il repart, telle une âme en peine, de ville en ville, affrontant le froid, la faim et surtout le regard méprisant des autres.

Pourquoi a-t-on insisté pour que l’on voit Rambo apprendre le décès de son ami ? On aurait aussi pu simplement apprendre qu’il était le dernier du groupe à travers l’histoire. Ce qu’il est important de noter, c’est que le film veut à tout prix montrer le désarroi d’un homme, un héros de guerre, qui sombre petit à petit dans la plus morbide des solitudes, qui ressasse les atrocités de la guerre à chaque évènements, qui n’a plus les capacités de rêver à un avenir, seul, sur les routes comme dans son esprit.

Il arrive alors dans la petite ville de Hope. Hope est une ville qui existe bel et bien. Elle se situe en Colombie-Britannique (Canada) à l’Est de Vancouver (même si dans le film on reste persuadé que ce dernier prend place en Amérique). Ce qui frappe tout d’abord, c’est le nom de cette ville : Hope. Symbole ironique d’une histoire qui va, tout à l’opposé, n’engendrer que peines et souffrances. Hope pourrait également porter son nom à juste titre, reflétant tous les clichés de l’époque, ceux d’une Amérique parfaite, d’une société prospère qui veut renouer avec sa super-puissance et son impérialisme sur le monde. Société de consommation qui n’accorde aucune chance à ceux qui ne veulent pas entrer dans ce moule, si étanche à tout écart de personnalité, de mentalité ou de passé dont on ne veut plus entendre parler. Hope, c’est le lieu qui est protégé par ce que l’on pourrait qualifier de cerbère : William Teasle.

Ce shérif qui, à lui seul, va déclencher une véritable guerre. William Teasle est interprété par Brian Dennehy. Ce que l’on peut déjà dire, c’est que Brian a sublimé le rôle du shérif persuadé de mener une cause juste et justifiée. A l’origine, dans le roman, ce personnage ne tenait pas un rôle si poussé, si travaillé à ce point. Cependant, il a réussi à atteindre la perfection et à rendre son personnage indispensable à la mise en place de la dualité avec Rambo. Cette dualité qui sera l’axe principal de toute l’histoire, ce chemin qui sera pris par chacun des deux, l’un pour défendre son territoire et l’autre pour défendre son restant de dignité. Dès les premiers échanges, alors que Rambo ne cherche qu’un endroit pour pouvoir manger, Teasle lui assène d’emblée : « Vous savez, avec ce drapeau sur votre veste… et l’allure que vous avez, vous allez vous attirer des emmerdes ici ! ». Teasle représente à lui seul, l’opinion commune qui s’est forgée pendant le conflit au Vietnam, cette opinion qui stigmatise les soldats revenus comme des bouchers qui ne valent rien, des assassins, des pilleurs… Cela est renforcé avec l’allusion au drapeau que porte Rambo sur sa veste militaire et son allure, celle d’un sans-abri qui ère en rangers, avec un malheureux duvet à l’épaule et une coupe de cheveux qui ne fait que renforcer sa condition méprisable et miséreuse.

Le shérif continuera d’attiser la colère de Rambo et par la même occasion de déverser son mépris sur ce dernier en lui refusant ne serait-ce qu’imaginer une seule seconde qu’il pourra simplement manger dans cette ville. Il ira même jusqu’à lui rétorquer à la question « Est-ce-qu’il y a une loi qui m’interdit de manger ici ? », « Oui… Moi ! ». C’est là que tout commence à raisonner, du titre du film jusqu’aux flashbacks, tout ramène doucement Rambo à chercher l’affrontement, lui qui n’a enfreint aucunes lois, aucunes règles, si ce n’est celle d’avoir été un soldat s’étant battu pour son pays… Teasle le raccompagnera jusqu’au-delà du pont, à l’extérieure de la ville. Ce pont symbolisant alors là, la fin du territoire de Teasle, territoire qu’il ne compte pas laisser être souillé par des vagabonds : « On veut pas de gens comme vous ici, des vagabonds […] ». Et là, tout n’est que symbole. Rambo face au pont, entendant l’orage arriver, l’orage qui va se déverser sur Hope car il affiche clairement l’intention de braver l’interdit, de se battre contre les injustices qu’il subit au quotidien. Hope pourrait bien être la représentation de toute cette haine qu’il a en lui pour ce pays qui l’a renié. Et c’est ainsi que tout commencera.

L’affrontement d’une Amérique qui n’existe plus (celle de Rambo) face à la nouvelle (celle de Teasle), qui joue avec ses normes, ses règles et qui ne veut surtout pas accueillir en son sein des moins que rien. Ce sentiment de haine sera matérialisé en la personne d’Arthur Galt. Le côté primitif, vulgaire et sans la moindre compassion envers Rambo. Il ne cessera de le brutaliser aussi bien psychologiquement que physiquement. Le titre fait une fois de plus référence directe à tous ces agissements. Rambo le définira clairement en disant «Eux ont versé le premier sang… pas moi !». C’est d’ailleurs la seule personne, à l’origine des violences physiques, qui trouvera la mort plus tard dans le film. Comme un juste retour de la justice, comme pour symboliser les actes de l’administration envers des personnes qui n’ont commis aucun délit mais qui, pourtant, sont constamment provoquées et malmenées. Galt sera la personne qui fera le plus rejaillir les horreurs du passé pour Rambo. Lors de l’interrogatoire, les barreaux aux fenêtres lui rappelleront son cachot au Vietnam lorsque l’on lui jetait des excréments. La lame de rasoir lui rappellera les mutilations qu’on lui a infligé également. Tout ces traumatismes qui le pousseront à fuir, telle une bête traquée, apeurée devant la cruauté gratuite de ses semblables.

L’illustration du conflit au Vietnam en pleine forêt

Cette cruauté qui s’expatriera d’elle-même dans la forêt alentour et créant ainsi, la matérialisation du conflit Vietnamien au sein même de la ville de Hope. Cette forêt étouffante, oppressante, qui nous sera montrée sous une pluie torrentielle. La traque est menée. Commence alors la transformation de Rambo. Apparu d’abord comme un homme méprisable, perdu et dépassé, il se révèlera enfin dans son élément. Là où la population a voulu le chasser de son pays, il montrera qu’il possède également son territoire et que personne ne pourra l’en déloger. Cette réplique cinglante en sera l’aboutissement : « En ville tu fais la loi, mais ici c’est moi ! ». Après avoir souffert dans la jungle sur le front, après avoir été capturé par l’ennemi et torturé par ce dernier, Rambo met en pratique tout ce qu’il connait de la survie en temps de guerre. De traqué, il devient traqueur. Cela sera également rapporté par l’un des policiers qui répliquera après que l’un d’entre-eux dise : « C’est comme à la chasse ! », « Oui, mais c’est pas nous qui le chassons… c’est lui qui nous chasse».

Rambo, qui n’était rien en ville mis à part un vagabond, devient alors un soldat d’élite, intelligent, pragmatique et à l’épreuve de toutes les souffrances, affrontant toutes les peurs. Son saut dans le vide depuis la falaise témoignera aussi bien de sa bravoure que de son état d’esprit affaibli. Prêt à tout pour survivre mais surtout, n’ayant strictement plus rien à perdre. Ce comportement qui lui permet d’aller au devant de tout, là où, énormément d’autres auraient tout simplement abandonné. Il montre alors qu’il surpasse tous ces gens qui le méprisaient à tort, il leur prouve qu’il ira jusqu’au bout pour rétablir une justice équitable. Quand les policiers se montrent armés de M16, accompagnés de dobermans pour le traquer et d’un hélicoptère pour le repérer; Rambo, lui, ne dispose que de son couteau et d’une boussole.

Cela vient schématiser le conflit dans la jungle quand l’armée américaine, persuadée de sa supériorité numérique et matérielle, s’est retrouvée dépassée dans une guerre d’usure, de torture psychologique. Rambo vient alors nous donner un tableau de la défaite américaine au Vietnam, ramenant cette dernière à son infériorité tactique quand un seul homme peut venir à bout d’une escouade. La guerre d’embuscade commence alors. Cependant, Rambo ne tuera personne, alourdissant ainsi un peu plus le sentiment de défaite pour les policiers. Il clôturera cette première traque en prévenant Teasle de le laisser tranquille au risque que ce dernier se lance dans une guerre qu’il perdra quoiqu’il arrive : « Me fais pas chier, me fais pas chier ou je te ferai une guerre comme t’en as jamais vu ! Laisse tomber ! ». Ce qui viendra prouver la médiocrité de l’administration américaine de l’époque définitivement, se passe au moment où les journalistes prennent part à l’affaire et que le commentateur que l’on a à l’écran précise que les policiers n’ont pu rester en vie que grâce à leurs compétences exceptionnelles et leur fabuleux instinct de survie… On déclare alors la mort d’Arthur Galt comme un meurtre perpétré par Rambo, révélant encore une fois cette propagande médiocre pour ne pas perdre la face aux yeux du monde.

Trautmann, la figure maternelle

Richard Crenna nous sert alors de figure patriotique mais fraternelle. Comme une mère qui cherche à réconcilier ses deux enfants fâchés, il sera exactement à l’intermédiaire des deux mondes. Connaissant aussi bien le système bureaucratique méprisant à l’encontre des soldats et la rancœur de ces derniers envers leur patrie, il essayera tout au long du film, de rétablir le dialogue. Au premier abord, il parait, pour ainsi dire, pompeux, arrogant et méprisant avec la police locale : «Je ne suis pas venu sauver Rambo de la police. Je suis venu vous sauver de Rambo». Par son biais, on essaye de faire prendre conscience de la supériorité de Rambo en milieu hostile, dans un environnement de guerre. Cette intervention fera basculer Teasle dans un règlement de compte personnel avec Rambo, ne se souciant que peu de l’intervention de la Garde Nationale, dépêchée sur place pour l’occasion.

Pour témoigner de son lien intermédiaire entre les deux camps, c’est Trautmann qui réussira à faire sortir Rambo de son mutisme, le ramenant une fois de plus, à ses démons du passé. La figure maternelle s’affichera également ici, après avoir montré la réalité en face à Teasle, il va s’empresser de rappeler à Rambo qu’il ne peut se permettre tout et n’importe quoi dans cette société civilisée : «On ne peut pas te laisser t’en prendre à des civils bienveillants». C’est la toute la fracture pour Rambo, son emblématique mentor qui ne semble pas le soutenir dans sa démarche et qui laisse supposer que tout relève de sa faute allant jusqu’à lui dire qu’il passe son temps « à le sortir des ennuis ». Rambo se braquera alors et rompra le signal radio, mettant alors Trautmann dans l’embarras comprenant que ses fils vont se combattre pour de bon.

Il demeurera tout de même toujours non loin de Teasle, surveillant alors le bon comportement de ce dernier envers Rambo, continuant sans cesse de rallier les deux camps. Cependant, il ne parviendra à ce résultat qu’en toute fin de film, évitant à Rambo l’affrontement final qui se serait soldé par sa mort inévitable. Plus que de finir en martyre, il permettra à Rambo de continuer de vivre, même si ce doit être pour des travaux forcés. Mais l’Amérique a besoin de lui, besoin de ses compétences, besoin de quelqu’un pour les basses besognes : «Tu es le dernier d’un groupe d’élites… ne finis pas comme ça !». On pourrait prolonger cette idée que l’Amérique a encore besoin de Rambo par rapport à la fin du film toujours, où, le colonel répète à plusieurs reprises à Rambo que «Cette mission est terminée !», comme si ce dernier n’était pas en capacité de comprendre un autre langage que celui-ci, comme si l’on prévoyait déjà de nouvelles missions pour Rambo (alors que ce dernier ne fait plus partie de l’armée). Malgré tout, le colonel apportera de l’amour à Rambo après que ce dernier, en larmes, ait vidé ce qu’il avait sur le cœur. Comme une mère qui réconforte son enfant triste, lui témoignant de l’affection et le rassurant pour l’avenir. C’est cette partie du film qui terminera d’humaniser Rambo, devenu pendant le déroulement du film, une machine de guerre.

Des Enfers à la Résurrection

Un des passages clés du film est sans conteste l’épisode de la mine. Il est symboliquement très lourd de sens. Lorsque la Garde Nationale a encerclé Rambo, soucieuse de ne pas se faire abattre, elle décide d’ensevelir ce dernier dans son repère à coup de lance-roquette. C’est là que Rambo est à nouveau contraint à sa solitude éternelle. Si jusqu’alors il se contentait de marcher sans but précis, il vivait sans trop de craintes. Pourtant, la mine, elle, l’envoie directement à ses démons, le coupant à tout jamais du reste de la civilisation sans savoir s’il pourra un jour s’en sortir. Cet épisode est pour moi, la descente aux Enfers. Il ne dispose de rien mais il réussit tout de même à se confectionner une torche. Revenu à tout ce qu’il y a de plus primitif, il évolue sans cesse en descendant toujours plus profondément dans la mine. Les ténèbres l’entourent et il est contraint d’avancer vers l’inconnu, laissant derrière lui le néant le plus total, comme pour symboliser son passé sombre et son avenir incertain. L’apparition des rats pourrait être liée, comme on l’interprète en psychanalyse, à l’enfermement, l’obligation de vivre dans l’ombre sans possibilités d’expression.

La multitude de rats peut être assimilée quant à elle au sentiment de la perte d’identité et à un comportement auto-destructeur. Autant de choses qui pourraient caractériser le cheminement forcé de Rambo au travers des couloirs humides, voire même inondées de cette mine. Le mythe de la caverne prend alors tout son sens, mettant en scène la punition infligée à Rambo pour ses actes (jugés mauvais par le monde extérieur). Cette dernière peut conduire les hommes aux Enfers ou bien les mener au Ciel. C’est à force de témérité et de courage que Rambo franchit «son» Enfer pour arriver à l’échelle qui symbolisera «sa» résurrection. Un habile plan en contre-plongée, pointant sur la sortie de cette mine, d’une lumière presque aveuglante comme si ce chemin menait plus loin encore que cette montagne. Le sentiment pour Rambo d’avoir une seconde chance, d’être enfin sauvé comme on peut le lire sur son visage avant son ascension. On passe sur un plan en plongée montrant Rambo donner ce qu’il lui reste de force pour, à la force de ses bras, gravir les échelons qui le séparent de la civilisation, se dessinant alors sur son visage, le besoin de vengeance qui ne fait qu’accroître à chaque cran, prêt à faire payer ses bourreaux pour ce qu’ils lui ont fait.

Cette étape fait apparaître ce qui restera un symbole concernant Rambo : le bandeau. Dans First Blood, il n’y a pas de scène à proprement parlé où l’on verra Rambo le ceindre sur son front. On le verra pour la première fois le porter lorsque la Garde Nationale arpente la forêt pour le débusquer. La symbolique du bandeau est assez vaste et peut, selon les cultures, être interprétée différemment. Cependant, étant donné la façon dont Rambo utilise ce dernier, je pense que sa signification provient de l’Asie. Au Japon, par exemple, il est encore courant que les hommes le portent. Il prend l’appellation de «hachimaki» et on le retrouve encore de nos jours dans de nombreux mangas. Sa fonction première est de préserver son porteur de la sueur qui pourrait couler de son front. Pourtant, il a une signification plus spirituelle qui symboliserait la valeur guerrière de son porteur et l’esprit samouraï. Je doute que Rambo soit concerné par ce cas mais il peut être assimilé, pour son cas, à la volonté, la détermination et le courage.

Celui qui porte le bandeau fait passer tout au second plan, ne pensant qu’à accomplir son but et n’abandonnera pas tant que ce dernier n’est pas atteint. La référence est beaucoup plus évidente dans First Blood – Part II, un peu après la mort de Co Bao. En tout cas, cet accessoire restera ce qui caractérisera le plus Rambo… après son couteau. Ce couteau qui, de part son histoire, fait référence directe au chasseur, à la survie, ce couteau qui ne changera que dans le troisième film, devenant alors plus grossier, plus imposant mais beaucoup moins personnel. Il sera comme un prolongement de la personne de Rambo, lui servant aussi bien à se défendre (mais pas dans First Blood), à se nourrir (cf. le sanglier) ou bien à s’orienter ou se soigner. Une véritable caisse à outils pour notre soldat qui le qualifiera de porte-bonheur dans Part II (très certainement en référence aux nombreuses fois où il a pu s’en sortir grâce à lui).

Du chemin vers la rédemption

Tout ce qui suivra la sortie de la mine ne sera qu’un long périple sur ce qui se terminera sur une sorte de rédemption pour Rambo. Lui qui affrontera la «horde» de policiers, gardes, militaires dépêchés pour le retrouver, il ira jusqu’à saccager cette ville qui l’a refusé. L’image forte du camion militaire forçant le barrage à l’entrée de la ville, tel un bélier utilisé pour forcer les portes qui demeurent scellées. Ayant pris de vitesse tout le monde, Rambo arrive en ville et marque fortement sa présence en détruisant la station service, provoquant l’éruption d’énormes colonnes de flammes. Commençant ainsi la guerre qu’il avait promis à Teasle. C’est le duel, digne d’un western moderne qui se profile. Plutôt que de faire front, Teasle se réfugie, embusqué dans le commissariat, tandis que Rambo détruit un par un les symboles de l’Amérique nouvelle. Son armurerie, ses centres commerciaux, l’électricité, tout ! Il terminera en détruisant l’origine de son mal être, le commissariat, là où tout a véritablement commencé.

C’est alors que Rambo nous livrera son plaidoyer pour sa vie d’errance et de souffrance. Ces mots forts que beaucoup trop de monde sous-estime : «Rien n’est terminé ! Rien ! Tout continu à cause de vous !». Rambo s’en prend directement à la figure maternelle, lui reprochant alors de n’avoir pas assumé son rôle, laissant ses enfants livrés à eux-mêmes dans ce monde qu’ils ne comprennent plus et qui ne les comprend pas non plus. De n’avoir pas assumé le fait que c’est à cause d’eux que des soldats sont partis en guerre : «C’était pas ma guerre ! C’est vous qui m’avez appelé, pas moi !». On a reproché les atrocités aux soldats qui pensaient agir pour leur pays, pour libérer les opprimés de l’oppresseur et qui n’ont eu en retour que des injures, réprimandes et mépris. Ne comprenant pas de quels droits, ces gens qui n’ont pas vu ce que eux ont vu, se permettent de les juger alors même qu’ils n’ont pas fait l’effort pour leur pays. Souffrance d’un soldat, d’un héros à qui l’on avait accordé des responsabilités, du matériel couteux et qui n’arrive même pas à trouver un «boulot de gardien de parking». De finalement fondre en larmes pour apaiser son cœur et raconter à sa seule présence, son seul ami et sa seule famille, à quel point il est profondément marqué par l’horreur de la guerre et de la perte sordide de son meilleur ami, mort à cause d’une boite de chaussures piégée. Mimant son désarroi face à l’atrocité de voir les entrailles de son frère répandu partout sur lui, lui-même qui essayait, traumatisé, de reformer le corps du défunt.

Cette figure maternelle qui comprendra la douleur de l’homme et qui lui accordera enfin l’amour qu’il attendait depuis ces 7 longues années… Rambo n’est pas pardonné mais il expiera ses «péchés» comme tout le monde doit le faire dans une société régit par sa vision manichéenne de la vie, persuadée, quoiqu’il arrive, qu’elle se trouvera toujours du bon côté de la rivière… La rédemption de Rambo s’articulera plus encore dans le film suivant, l’occasion pour lui d’affronter de front les démons du passé et de retrouver, peut-être, la paix intérieure…

Je tiens une dernière fois à préciser que tout ceci n’est que mon interprétation personnelle du film et des possibles symboles qui peuvent être accordés à différents personnages et moments du film. Je suis ouvert à tout débat et/ou questions quant à ce petit essai et serais très intéressé par vos retours et vos avis concernant les références que l’on pourrait accorder au film.

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