Cinéma # Flight – Le combat d’un homme

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Denzel Washington… dès que je vois ce nom sur une affiche, je ne peux m’empêcher d’être totalement rassuré. Il y a des acteurs comme ça à qui l’on prête toutes les qualités. Le genre d’acteur qui est capable de rendre un film moyen en film bouleversant. Bien sûr, à mes yeux, il n’est pas le seul. Il y a des acteurs comme Leonardo DiCaprio, Robert De Niro, Al Pacino ou encore Edward Norton… qui sont tout autant capables des mêmes prouesses.

Mais je ne suis pas là pour vous dresser le tableau des meilleurs acteurs. Non. Je suis là pour vous parler du dernier film que j’ai vu, à savoir : Flight. Ce que j’apprécie dans ma façon d’aborder un film, c’est qu’en règle générale je n’ai jamais été spoilé par quoique ce soit. Pas même une infime bande annonce. Du coup, quand j’ai lancé ce film, je m’attendais à un film catastrophe avec un pilote talentueux qui allait sauver tout le monde au prix de nombreux efforts… Le genre super thriller, suspens à gogo, tu vas avoir une attaque à force de vouloir découvrir la fin. Excusez ma familiarité mais j’ai envie de dire : QUE DALLE ! Si, effectivement, il y a une scène qui pourrait laisser croire à un film un peu plus tourné vers l’action, les 98% de film restants en sont le strict inverse.

Et quand je dis strict inverse, je pèse copieusement mes mots. Exit les plans tourmentés pour donner une impression de chaos, dehors les répliques cinglantes pour faire passer le héros pour un rebelle dernier cri, aux oubliettes la bande son pêchue pour donner du relief à certains passages testostéroneux (oui je viens de l’inventer celui-là). Ici, nous nous trouvons dans un film tout ce qu’il y a de plus dramatique.

« Flight, c’est l’histoire de Whip Withaker, talentueux pilote de ligne, qui se retrouve confronté à une panne technique durant un vol. Après moultes acrobaties, il parviendra, non sans mal, à faire atterrir l’oiseau à moteur en catastrophe. Proclamé héros, l’enquête sur l’accident viendra déterrer des agissements qu’il ne pensait pas voir arriver sur le devant de la scène. »

Si l’on est loin de s’imaginer un scénario tel que celui que l’on parcourt au gré des minutes, le film ne tarde pas à nous révéler le véritable objectif de sa décomposition. Un pilote talentueux, aussi bien aux commandes d’un A-320, qu’au bout d’un billet de 100 dollars roulé pour absorber la substance euphorique : la cocaïne. Plus loin que la drogue, qui est présente ceci-dit, Whip souffre d’un réel problème d’alcoolisme. Si le début de l’oeuvre nous laisse plutôt penser qu’il a des moeurs rock’n roll plus qu’autre chose, on se rend vite compte que notre ami n’est pas le dernier en ce qui concerne la bouteille. Pourtant, au travers du personnage principal, ce n’est pas uniquement de l’alcoolisme dont il s’agit là. Plus loin que ça, c’est la critique, entière, d’une société qui vit sur ses mensonges, sur son besoin de toujours faire bonne figure.

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Whip est divorcé, a un fils qu’il ne fréquente plus pour ainsi dire, il mène une vie de débauche -en dehors de son emploi- qu’il partage, au gré des escales, avec l’une de ses hôtesses de l’air. Mais se serait réduire le film que de se focaliser sur la personne de Whip et de la vie qu’il mène. Pour moi, chaque protagoniste du film incarne à l’écran une image de la société actuelle. Il y aura l’avocat qui usera de toutes les manigances possibles pour cacher des actes pourtant répréhensibles. On trouvera dans les bacs, une junky, complètement paumée, qui ira jusqu’à se prostituer pour une dose. L’ex-femme et le fils, symboles des conséquences de l’alcoolisme dans un couple… Et des références comme celle-là, on en sera bercé du début à la fin. Ce qui frappe dans Flight, c’est le nombre incalculables d’allusions à Dieu et plus précisément à la religion chrétienne. Je pense notamment à ce passage avec le cancéreux en phase terminale qui donne son point de vue sur ce qui lui arrive.

Dans tout ce que l’on nous servira à l’écran, tout émane de la volonté de Dieu. Que l’on parle de l’overdose de Nicole, personnage qui entretiendra une relation avec Whip, ou bien de l’accident d’avion en lui-même, tout doit être pris comme la mise à l’épreuve de Dieu. Si la narration peut paraître moralisatrice de prime abord (et elle l’est ne nous mentons pas), elle s’imbrique habilement dans un scénario qui nous expose les tourments de nous autres, les être humains. Que le film parle d’alcoolisme ou bien d’addiction en général, c’est relativement du pareil au même. L’intérêt, c’est de voir comment, de par nos actes, nous nous forgeons une sorte de masque pour toujours plaire à l’opinion commune.

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C’est d’ailleurs à cet exercice que Denzel Washington explose littéralement nos rétines encore imbibées des quantités d’alcool qu’il descend tout au long de l’intrigue. On ne verse pas dans les clichés hollywoodiens. Dans ce film, Denzel est un anti-héros authentique. Si l’on peut le remercier ad vitam aeternam pour avoir sauver ses passagers, on pourra plus facilement lui reprocher son train de vie. Il excelle dans l’art de nous dresser un portrait toujours juste. Son alcoolisme nous parait réel, sans trop en faire, sans verser dans l’excès. Son comportement avec son entourage, jusqu’à sa manière de simuler l’ébriété sont absolument criants de vérité. Pas la peine de tourner autour du pot, Flight n’est pas la révélation de l’année…

Sans l’interprétation que nous offre Denzel Washington, le film aurait tout simplement pataugé dans son tanin. Sans être mauvais, les autres n’excellent pas spécialement. Je noterai le très doux rôle de Kelly Reilly, la folie d’un John Goodman qui incarne un dealer de drogue ou encore Don Cheadle en avocat (quoique, pour ce dernier, je l’ai trouvé plutôt pas mal).

N’en demeure pas moins que c’est un film intéressant à voir si vous en avez l’occasion. Ne serait-ce que pour son personnage principal. Sans révolutionner le genre, Flight propose sa propre vision de la société américaine et n’hésite pas à afficher ses plus grands défauts au travers d’un scénario parfois sombre mais toujours crédible.

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La rédemption symbolisée à l’écran ne sera pas sans rappeler d’autres films. Je pense tout particulièrement au film Le Machiniste (avec Christian Bale) où ce dernier retrouve enfin le sommeil après avoir avoué son crime. On retrouve un petit peu ce schéma avec la fin de Flight. Là où son avocat lui propose de mentir ouvertement en se réfugiant derrière le décès de son amie, Whip préférera libérer sa conscience une fois pour toute et enfin ne plus avoir besoin de mentir pour s’en sortir.

Le combat qu’il livre est réellement poignant et le final viendra lui offrir la récompense de sa bravoure. Même si le tout pourrait sembler terminer sur une sorte de Happy End comme les américains savent si bien le faire, l’ouverture qu’elle propose nous renvoie directement à nous-même. Mais ça, j’aimerais vous laisser le découvrir par vous-même. En vous souhaitant à tous un très bon visionnage !

P.S : J’en profite pour faire une petite dédicace à Kolia. Kelly Reilly, je ne sais pas si tu la connais mais elle pourrait venir étoffer tes collections (tu vois de quoi je parle 🙂 ).

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