Cinéma # Possédée – L’exorcisme bon marché

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La possession, un thème tellement mythique, tellement mystérieux et tellement flippant à la fois. J’ai toujours adoré les histoires traitant de ce sujet sans pour autant parler de film d’horreur. Il y a un côté voyeur de ce que pourrait donner la présence de démons sur notre bonne vieille planète. Que l’on soit athée ou pas, c’est toujours intéressant de voir comment le réalisateur et ses scénaristes comptent aborder un tel sujet. Cependant, depuis le film l’Exorciste de 1973, on ne peut pas dire que les représentations cinématographiques de la possession ont été d’une qualité supérieure

Au bout du compte, difficile de dire que les films se bousculent sur ce thème et pourtant on a l’impression d’en avoir fait le tour. C’est surement ce qui a inspiré le scénario de Possédée. Si les adaptations habituelles avaient toujours un lien plus ou moins étroit avec le Christianisme, ici on se tournera plutôt vers une mythologie et une croyance Judaïque. Et au-delà encore de toutes croyances, le film se targue de baser les faits sur une « histoire vraie ».

Pour ceux qui me lisent assez régulièrement, vous n’êtes pas sans savoir que je ne visionne jamais de bande-annonce avant de regarder un film. Dans un premier temps pour me préserver de la moindre image trop avancée dans l’histoire et surtout, pour ne pas rejeter un film par erreur ou être enthousiaste par erreur aussi. Je prends le film tel qu’il est et dans 98% des cas, je vais jusqu’au bout (au moins par respect pour les personnes qui se sont cassées le cul à le faire). Néanmoins, quand je rédige mes articles, je visionne toujours ces fameux trailers avant de vous les offrir. Franchement, quand je vois celui qui nous intéresse ici… J’ai envie de ricaner bêtement.

Ils osent balancer un méga résumé du film en dévoilant presque la scène finale… Et en voyant ça, on s’attend à un truc assez rythmé, soutenu par une atmosphère pesante et malsaine. Fausse route. On se trouve plutôt en présence d’un drama/thriller que d’un film d’horreur à proprement parler. Ce n’est pas un reproche en soit mais ça le devient rapidement quand je vois que la bande-annonce laisse miroiter ce style là aux gens. Pour l’occasion, je ne vous parlerai pas de la note qu’a obtenu Possédée sur le Manon-mètre car cette dernière dormait pendant que je regardais le film. Par contre, j’estimerais le tout aux alentours d’un 3/10 ce qui reste un film facilement regardable (même pour les moins courageux ou courageuses).

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Parce que si vous pensiez passer un petit moment à trembler sous votre couette, dites-vous que vous passerez plus de temps à attendre que quelque chose de réellement « flippant » se produise. On sera plus facilement bercé par la déchirure de la famille (les parents étant en plein divorce  avec pour bouc-émissaire, l’insouciance d’un père trop peu présent par le passé). Je pense que les événements sont plus là pour donner une raison de mettre à l’écran la tragédie qui se déroule sous nos yeux. Oubliez les scènes « pseudo-gores » avec des profusions d’insultes que même sous l’emprise d’alcool vous n’oseriez sortir, oubliez les choses « bizarres » et « glauques » que l’on a l’habitude de voir dans ce genre de film, oubliez les incantations sataniques et les visages déformés à outrance. En gros, oubliez tout ce que vous aviez l’habitude de voir.

Je ne dis pas qu’il n’y a rien, je dis simplement que l’on se trouve plus dans l’anecdote ésotérique que dans la figuration totale d’une possession comme nous l’entendons en général. Ceci dit, l’introduction de la mythologie Juive dans un film n’est pas quelque chose que l’on voit tous les jours. Parce qu’au fond, j’en avais un peu marre de ces Azazel, Ba’al et les autres joyeux lurons. Un peu de croyance nouvelle, ça ne fait de mal à personne. D’ailleurs, c’est avec le film que j’ai découvert cette notion de Dybbuk. Je ne vais pas non plus vous faire un exposé parce qu’en fait, Dybbuk ou pas, c’est dans l’idée la même chose que les démons de notre folklore à nous « culture occidentale chrétienne » dans le cinéma. Seulement, un Dybbuk est une âme qui s’est séparée de son corps défunt et qui tente de s’approprier le corps de vivants (souvent de jeunes personnes, au maximum adolescente).

Le truc hyper puissant, c’est que l’on peut enfermer ces esprits dans une Boite à Dybbuk. Je sais que le nom ne paye pas de mine mais je n’y suis pour rien…

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Malheureusement, ce qui partait d’une idée assez novatrice au fond devient un peu trop vite risible et téléphoné. Je trouve que l’on découvre beaucoup trop rapidement les raisons des phénomènes à l’écran. Surtout que ces derniers n’ont franchement rien de transcendant à mon sens. Ça donne le sentiment que l’on avait une très bonne idée mais que l’on n’a pas su l’exploiter au maximum de ce qui était possible. Après il y a tout de même deux trois moments très bien pensés et surtout très bien réalisés mais trop peu encore une fois pour sortir du cadre du drama familial. Et le tout ne s’en trouve que de moins en moins crédible lorsque l’on a affaire à des incohérences monumentales sur le comportement de cette fameuse Boite à Dybbuk…

D’ailleurs, en dehors des débilités de cette boite, ce qui me sidère le plus dans tout ce fatras de gâchis ce sont ces acteurs bon marché que l’on a du trouver à un coin de rue en train de mendier pour un rôle… Alors je ne sais pas si c’était une volonté même du réalisateur ou alors simplement une pauvreté de jeu d’acteur, mais je ne les ai jamais trouvé authentique dans leurs rôles respectifs. Je mettrai peut être à part Jeffrey Dean Morgan dans le rôle du père (Clyde Brenek) qui est somme toute assez plausible sans pour autant crever l’écran. Pour le reste, je n’adhère pas ou peu (pour ne pas trop me montrer vindicatif). Je ne pense pas me tromper en disant qu’il en existe des films quasi bidons, mais que parfois, la seule présence d’un véritable acteur suffit à rehausser la qualité du visionnage malgré tout. On ne bénéficiera pas du même traitement de faveur dans le cas présent.

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Finalement, et pour conclure parce que je m’étale inexorablement, est-ce que Possédée est un film à éviter? Non, pas totalement. Je conseille aux gens qui ne sont franchement pas attirés par le sujet de passer leur chemin, ils n’y verront pas une oeuvre qui en vaille vraiment la peine. Cependant, pour les curieux, cela peut être un petit moment à passer une fois que l’on a bien pris conscience que l’on ne mourra pas de frayeur devant le film. Le thème est sympathique et différent de ce que l’on a l’habitude de voir. Certes tout n’est pas réellement parfait, voire même souvent moyen mais comme je le dis souvent: ce qui est vrai pour moi ne l’est pas forcément pour vous. Se faire un avis, c’est important parce que j’aurai beau m’épancher d’un bouquin entier sur ce film, vous ne saurez jamais vraiment si ce film aurait pu vous plaire ou pas (sauf si mes articles tapent à chaque fois dans le mille… mais je n’ai pas cette prétention).

Et vous n’aurez pas de wallpaper pour clôturer définitivement cet article… je n’ai pas réussi à trouver de femmes possédées « sexy » !

Une réflexion sur “Cinéma # Possédée – L’exorcisme bon marché

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