Cinéma # Terminator Salvation, l’opinion d’un fan blessé

Avant de commencer, je tiens à faire une remarque qui a tout de même son importance. Etant complètement fan de la trilogie des Terminator et plus précisément depuis le premier opus que j’ai du voir vers l’âge de 5-6 ans, mon avis risque d’être totalement dénué d’objectivité. D’un côté, il n’y aurait pas franchement d’intérêt à lire un avis autre que subjectif ici, mais ce que j’entends par là c’est que je risque aussi bien d’être indulgent envers le film ou bien trop exigeant. Dans un cas comme dans l’autre, cela ne jouera pas forcément en sa faveur mais je vais essayer, dans la mesure du possible, de rester un poil honnête avec moi-même ici.

Mon but n’est pas vraiment de vous raconter le film ou bien de vous dire que les effets spéciaux sont à couper le souffle, ou bien je ne sais quelles conneries encore. Je vais plutôt essayer de m’orienter sur la mythologie de la saga, voir comment s’imbrique cet opus parmi les trois précédents, s’il respecte l’univers Terminator ou bien s’il s’en éloigne, d’essayer de comprendre à quoi nous mèneront les 5° et 6° volets finaux.

N.B : Pour autant, ce billet se révélera avoir une forte teneur en spoil vis à vis du film si vous ne l’avez pas vu. C’est pourquoi, vous êtes responsables de ce que vous lisez, je vous aurai prévenu.

Renouer avec les fans…

Qu’on se le dise, la saga Terminator a beau sembler mythique aux yeux du public, existant maintenant depuis bon nombre d’années, il n’en demeure pas moins qu’avant ce volet intitulé Salvation ou bien Renaissance (pour la version française), elle a été abusivement «boudée». Personne n’a oublié la piètre performance de Terminator 3: Le Soulèvement des Machines. Attendu de pied ferme, il a été matraqué par la critique de tous les côtés et moi-même, je fais partie de ceux qui n’ont pas ou bien très peu apprécié le film. On explique en partie cette réaction du public par le fait que ce n’est plus James Cameron aux commandes désormais et que comme on le dit si souvent : «C’était mieux avant».

Le problème avec les saga qui s’étalent sur les années, c’est qu’à force de se faire désirer, elles finissent par créer une attente monstrueuse vis à vis de leurs fans et que, ces derniers attendant forcément le messie… ils sont vite désabusés. C’est ce qui s’est passé avec le troisième opus, et ce malgré l’apparition d’Arnold dans la première moitié du film. Vous pouvez ajouter à cela un John Connor joué par Nick Stahl qui est tout simplement «à chier»… excusez-moi du peu. J’ai beau revenir en arrière, même le John Connor joué par Edward Furlong dans Terminator 2: Le Jugement Dernier était beaucoup plus profond, plus travaillé, alors qu’il n’était qu’un gamin à cette époque (1991).

On ne retiendra finalement que peu de choses positives de ce Terminator, si ce n’est la ravissante et froide Kristanna Loken jouant le rôle du T-X; la fameuse scène du T-800 portant un cercueil tout en flinguant à tout va ou bien la course-poursuite très bien réalisée en début de film.

Quelques incohérences…

Avant de se lancer, je tiens à relever certaines choses qui n’ont pas franchement de sens mais qui n’empêchent pas pour autant de regarder Salvation ou de le comprendre:

  • John Connor en 2005 est âgé de 22 ans dans Terminator 3 (le film prend place 10 ans après « Le jugement dernier » qui avait eu lieu en 1995). Pourtant, en 2018 dans Terminator 4, il est âgé de 30 ans… Déjà un point que je n’explique pas, à moins que les gens qui ont bossé sur le film ne savent plus compter, John devrait avoir 35 ans.
  • Comment explique-t-on au jour d’aujourd’hui le fait que John Connor soit obligé de renvoyer Kyle Reese (son propre père, vu que dans Terminator 1 Kyle et Sarah conçoivent ensemble John… mais après que Kyle ait été envoyé du futur par John lui-même). Comment peut-on exister dans le futur si l’évènement qui est censé vous faire naître n’a pas encore eu lieu ? C’est un point qui me trouble beaucoup dans la saga Terminator : l’existence de John Connor. Alors si vous avez des explications « sérieuses« , je suis preneur. Et que l’on vienne pas me dire que c’est l’histoire du film qui veut ça, ou bien je ne sais quelle bêtise encore, il est avéré que ce point est une incohérence dans le scénario, ce que j’attends ce sont des explications, des raisons mais pas qu’on me soutienne que ceci est normal (possible ouverture de débat sur l’intérêt d’avoir un paradoxe temporel dans un film)

Je sais qu’il existe d’autres incohérences, mais je tenais à relever celles-ci qui me tracassent pas mal à vrai dire.

Renaissance… ou pas ?

Mais qu’en est-il finalement de ce Salvation ? Ce que je peux dire de façon certaine, c’est que j’ai été divisé en deux pendant le visionnage. Dans un premier temps, et je ne m’en cache pas, j’ai trouvé le film tout simplement banal. J’avais l’impression d’être face à un de ces films d’action à gros budget, misant tout sur des FX abusés et des enchaînements d’explosions et de fusillades en tout genre. D’ailleurs, c’est un peu ce qu’est ce quatrième volet de la saga soyons honnête. Je lui reprocherai d’avoir sombré dans les clichés du film d’action et de manière assez violente. Ce que j’appréciais dans les épisodes précédents, c’était la façon dont les scènes d’action conservaient ce côté réaliste malgré le fait que l’on mettait en avant des machines du futur. Les courses poursuites étaient amenées et achevées dans un esprit de logique, on se contentait pas de vous faire péter tout autour de vous à 10 km à la ronde, sans que vous soyez ne serait-ce qu’éraflé ou bien que pour venir à bout d’un vaisseau vous lui envoyez, à l’aide d’un dérapage de votre remorqueuse, la moto Terminator que vous aviez réussi à accrocher juste avant pendant une échappée…

Je regrette, j’ai failli couper le film deux ou trois fois en voyant des scènes aussi débiles pendant la première moitié du film. Il est bien là le souci, il n’y a rien, franchement rien du début à la moitié, ça explose, ça parle, ça explose, ça court, ça explose,… Un film d’action banal. Je ne parlerai pas de la relation MarcusBlair au risque de devenir franchement vulgaire là… Depuis Terminator 3 j’ai l’impression que l’on veut à tout prix nous servir un casting de «bimbo» et ça a le don de m’agacer.

Quand on se fie aux deux premiers opus, Linda Hamilton joue à merveille son rôle de Sarah Connor. Une femme, pas forcément ce qu’il y a de plus sexy ici, mais qui se bat, un peu garçon manqué, musclée (la scène dans Terminator 2 où elle effectue des tractions). Enfin, on ne cherche pas à nous rincer l’oeil de force, chose qui existe depuis le troisième volet (depuis que Cameron n’est plus là ? ou bien est-ce simplement les films de maintenant qui veulent ça ?).

Christian Bale le nouveau visage de la Saga

Pour autant, je n’ai pas coupé le film prématurément. Bien heureusement d’ailleurs. J’ai commencé à entrer réellement dans le film avec la rencontre entre John et Marcus. Il faut tout de même que je vous avoue qu’après à peine quelques minutes de film, j’étais déjà conquis par le personnage de John Connor joué par Christian Bale. Je l’appréciais déjà par le passé, surtout pour son film Le Machiniste mais j’étais tout de même perplexe quant à son apparition dans T4. Pourtant, s’il est bien une raison d’apprécier le film, c’est bien lui. Il est ce qui se rapproche le plus, voir même, l’adulte parfait pour correspondre au John Connor de T2. Le tempérament rebelle, cette volonté de toujours suivre les pas de sa mère, de toujours chercher après son père… Des notions qui avaient été complètement occultées dans T3.

Effectivement, avec le départ d’Arnold Schwarzenegger, je m’inquiétais grandement sur le devenir de la saga étant donné que sa figure emblématique venait de prendre sa retraite et qu’il était inconcevable de continuer à faire évoluer un T-800 si ce n’était pas Schwarzi qui le jouait. Mais je pense que je peux dire sans me cacher que Christian Bale a réussi le pari de nous offrir un «vrai» John Connor, qui se fixe à merveille dans la mythologie et qui correspond en tout point à ce qu’on aurait pu imaginer du chef «prophétique» de la Résistance.

Coups de coeur…

Ceux qui me connaissent ne sont pas sans le savoir. Je suis le genre de fan qui adore revoir de vieilles références aux volets qui ont précédé le film. De la plus petite chose au gros machin à l’écran, je fais attention à tout. Ce que je n’avais pas retrouvé dans T3 m’est ici enfin apporté. Je ne saurais vous dire exactement combien de références à T1 et T2 mais croyez-moi, elles sont assez nombreuses pour m’arracher je ne sais combien de fois un rire en me remémorant les scènes des précurseurs de la saga. Quelques une que j’ai adoré :

  • 1208446668_terminator-2-judgment-day-2Ma préféré, et de loin, la scène où John veut attraper une Moto Terminator pour s’en servir comme moyen de locomotion. Pour cela il met en place un piège et attire cette dernière avec la chanson You Could Be Mine des Guns’n Roses, chanson mythique tirée de T2 (et dont je suis fan d’ailleurs).
  • Ce n’est pas vraiment une scène mais plutôt un court plan dans une scène là. Lorsque John se trouve pourchassé par le T-800 dans l’usine de fabrication de ces derniers, il monte des escaliers comme il peut et derrière on voit le T-800 qui s’apprête à monter à son tour. A ce moment, on a un gros plan sur le pied du T-800 sur la première marche. Référence directe à T1 lorsque Kyle et Sarah tentent d’échapper au Terminator dans l’usine à la fin du film.
  • Une petite dernière, lorsque John, toujours à vouloir fuir le T-800 dans l’usine, s’amuse à tirer avec son fusil sur ce dernier. Il possède la même arme que Sarah Connor dans T2 dans l’usine de fonderie, et qui plus est, il s’en sert de la même façon. Au lieu de tenir le canon d’une main et de recharger en s’aidant de l’autre main (comme vous le feriez avec un fusil à pompe), il recharge d’une seule main comme sa mère le faisait parce qu’elle était blessée au bras, tout comme lui dans cette scène.
  • Celle que tout le monde a vu sans problèmes, la référence à Arnold Schwarzenegger et son personnage du T-800 à la fin du film quand John tombe dans le piège de Skynet. Pas forcément la plus belle référence étant donné que l’on voit que trop les défauts de cette scène mais elle a le mérite d’exister.

Finalement ?

Je peux dire que je suis plus que satisfait de ce Terminator Salvation. Bien entendu, il est loin d’être parfait et peut être qu’avec l’âge je porte un regard critique plus prononcé sur la saga que je ne le faisais auparavant, ou bien que je garde comme vision de référence Terminator 2 qui reste à mes yeux le plus réussi des 4 films. Ceci dit, ce volet renoue avec la mythologie de Terminator. Il a su revenir aux bases qui avaient fait le succès de ses prédécesseurs tout en lui apportant sa touche personnelle. Finalement, ce fut une bonne chose que de changer d’époque, d’être projeté dans le futur et de voir enfin l’affrontement Hommes/Machines digne des grands films de S-F.

Peut être faudrait-il faire attention à ne pas tomber trop rapidement dans la facilité qui est de combler les vides scénaristiques du film par des scènes d’action pas forcément légitimes. Mais que voulez-vous, je pense que tout ceci a été fait également pour rallier de nouvelles personnes à la saga. N’oublions pas les gamins d’aujourd’hui qui n’ont peut être jamais connu Terminator avant ce 4° film… Toujours est-il, et malgré ses nombreux défauts, mon côté fan a été plus que soigné, et cet opus a fini par me plaire. Il efface enfin cette déception de T3 et me laisse optimiste quant à la suite des évènements dans les deux prochains films à venir. Ce qui m’inquiète légèrement, c’est que la fin de la saga ne s’achève pas sur la destruction de Skynet mais qu’en fait, on tombe dans la boucle temporelle complexe liée à John Connor, tout cela pour arriver au moment où Kyle Reese est envoyé par John dans le passé pour sauver sa mère. C’est ce que je me demande pour l’instant.

« Il n’y a pas de destin mais seulement ce que nous faisons… »

4 réflexions sur “Cinéma # Terminator Salvation, l’opinion d’un fan blessé

  1. salut j’ai appecie ta critique mais etant fan des 2 premiers opus je ne peu evidemment pas regarder ce film qui est tout simplement une concurrence a transformers . les scenes de flashbacks de cameron representant la guerre sont plus impressionnantes que se film qui se passe toujours dans le desert et en plein jour ou sont les gens crevant de faim et des retombes des radiations les villes detruites les cranes par terre les patrouille de la mort les gens travaillant jour et nuit dans les fours crematoires les rayons lasers je n’invente rien c la description terrifiante de kyle ce qui m’a passionne immediatement pour ce film a lepoque cet unniver la on ne le ressent pas.

  2. cameron est visionnaire on se rapproche de plus en plus du message qu’il a voulu faire passer . on s’autodetruit avec nos portables et ordits de plus en plus soffistiques . c pour cela que un 5 et un 6 serait plus que jamais d’actualite . il suffit d’ecouter kyle et schwarzy dans le 2 et on a les scenarios . mais pour etre credible faut eviter les bimbos les acteurs qui font trop minets rendre le film sombre violent sale et surtout un rythme sans relache comme les 2 premiers tres important sa car quand on est la cible du terminator le jeu s’arrette que si lui ou nous sommes termine alors avec des centaines de terminators differents immagine ce que le film peu devenir. reste plu que le realisateur nolan peter jackson justin lin jj abhrams roland emerich et les acteurs statham le colonel dans avatar michelle rodriguez the rock liam neeson mickael fassbender stallonne et je verait bien hugh jackman en connor

  3. Salut l’ami!

    La solution à la question sur le paradoxe entre John Connor et son père Kyle Reese est en fin de compte assez simple.

    Le futur d’où vient Kyle Reese est la continuité du passé dans lequel il va sauver Sarah Connor. En effet, si John Connor sait se battre, c’est grâce à ce que Kyle a appris à Sarah dans le passé mais également grâce à la confrontation de cette dernière avec les terminators.

    Kyle est né en 2002. John l’envoie dans le passé en 2029. Pour accepter le fait que John Connor existe déjà alors que Kyle n’est pas encore partie dans le passé, il faut partir du principe que tout ce qui doit se passer s’est déjà passer et que le passé de 1984 à toujours été celui-ci. C’est à dire avec la présence du T-800 et de Kyle Reese et qu’il se repose sur le fait que dans tout les cas John Connor enverra Kyle Reese dans le passé. Le fait que Kyle Reese meurt dans le passé ne l’empechera pas de naitre en 2002, d’être envoyé en 1984 par John Connor en 2029 et ainsi de concevoir ce même John avec Sarah.

    Le paradoxe le plus problématique à mon sens, est la naissance de Skynet. Si on se réfère à Terminator 2, la naissance de Skynet serait le fait de l’entreprise Cyberdyne qui récupera le bras du T-800 dans l’usine où il a été détruit par Sarah. Ceci pose plusieurs problèmes:

    – Problème 1: Skynet ne peut avoir été créé par une partie de lui-même, car en somme il devrait « exister pour pouvoir exister » ce qui est impossible. Ce qui signifierait que Skynet existe parce qu’il a envoyé un T-800 dans le passé. Or pour envoyer un T-800 dans le passé, il faut qu’il existe, etc, etc…
    – Problème 2: Si on part du principe que tout ce qui doit se passer s’est déjà passé, et en se basant sur Terminator 2, on doit reconnaître que le bras de Skynet a toujours été détruit dans le métal en fusion donc que Skynet n’a jamais existé et donc le bras non plus ni John Connor qui n’aurait alors jamais été conçu puisque Sarah et Kyle Reese ne se seraient jamais rencontrés.
    – Problème 3: Si on se réfère à Terminator 3 qui nous démontre que malgré la destruction du bras, rien du déroulement du futur ne pourra être empêché et que Skynet sera malgré tout créé, la date de l’explosion nucléaire a été modifiée. Or, depuis le premier film, la date de l’explosion nucléaire a toujours été la même et ne peut donc être modifié puisque le passé et le futur sont indubitablement liés. (Ce dernier problème peut être considéré comme une liberté prise sur le scénario pour sortir un troisième volet)

    Dans l’ensemble, on peut alors considérer que seul le premier volet suit une logique viable. La suite n’étant qu’une succession de paradoxe insolubles rendant l’histoire de la saga impossible.

  4. Ping: Cinéma # Le reboot de la saga Terminator en 2015 par Alan Taylor – Hypothèses, rumeurs et avis personnel | New Protocol

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